mardi 6 juin 2023

Des hauts et des bas et beaucoup de fatigue !

“ Dans une époque où beaucoup confondent opinion et pensée, insulte et démonstration, sentiment et réflexion, reconnaissons que l'accusation de fainéantise et de paresse est relativement épargnée aux cyclistes. Il faut dire que notre sport est visiblement épuisant, voire absurde par la violence et la durée de son effort.

Contrairement aux footballeurs, qui passent manifestement leur temps à refiler leur baballe à quelqu'un d'autre, ou aux altérophiles qui ne travaillent que quelques secondes, les cyclistes pédalent toujours seuls, fort, longtemps. Ce sont les raisons pour lesquelles on nous traite plus généralement de masochistes ou de dopés et qu'on se moque de nos tenues fluo moulantes- seule échappatoire pathétique et gratuite pour ne pas avoir à exprimer simplement son admiration infinie à l'endroit des incontestables héros de la route que nous sommes.”

Je voulais partager ce texte de Yann Kerninon paru dans la revue 200 N°36 qui s’applique bien à nos efforts de la journée. En effet pourquoi ne pas suivre les voies cyclistes adossées aux voies navigable ou tracées sur d’anciennes voies de chemin de fer et donc d’une platitude lancinante ? Pourquoi ne pas utiliser des électrocyclettes comme tant de monde ? Alors oui peut-être masochistes ? Mais quel plaisir de vaincre ces difficultés, d’arriver fourbus à l’étape ne sachant plus ou l’on est et qui on est, ne désirant qu’une chose : une douche et une bière fraîche… et qu’est ce que le monde est beau ! On a beaucoup de chance de vivre cela.

Aujourd’hui des montées et des descentes et tout à coup un énorme bâtiment au milieu des champs avec un gros hôtel restaurant ?? Étrange ! Un rond point et notre route qui devrait aller tout droit passe obligatoirement d’un côté ou de l’autre d’un centre de recherche  Andra ? On passe donc par la droite et nous nous arrêtons pour manger au frais dans le lavoir de la commune suivante. Et tout à coup la lumière vient : nous sommes passés à Bure et c’est le site des esssais d’enfouissements des déchets nucléaires d’EDF. 

La suite est encore bien dure et la moindre montée est difficile à nos jambes épuisées mais nous atteignons notre étape avec une douche et même une piscine et puis… une bière ! 68 km total 712 km


Pourtant cela commençait bien !



Les hauts avec les éoliennes 



Au loin un gros cube étrange :  Un centre d'archives pour Edf





Repas et réflexion … mais bon sang bien sûr BURE !



Le centre de l’Andra





Plus sympa la porte de Reynel 
























lundi 5 juin 2023

De la Meuse à la Marne


Nous avons sympathisé avec notre voisin de camping, cycliste lui aussi mais solitaire, Harvy Lemon. C’est un canadien anglophone qui a longtemps travaillé en français et qui vit maintenant en Allemagne. En un mot c’est un homme pluriculturel et ouvert. Nous discutons de beaucoup de choses et nous nous trouvons beaucoup de points communs. Nous partageons nos petites inventions de cyclistes : son frein de parking pour vélo, mon cache nez et nos béquilles avant. Il a lui aussi 75 ans (mais j’ai six mois de plus  !) et nous avons traversé l’Atlantique tous les deux en 1968 ! C’est un vrai alter ego : encore une rencontre magique. Nous partons chacun de notre côté en échangeant des promesses de se revoir, mais….

La route est balisée pour les cyclistes. Elle longe la Meuse et cela est assez plat mais joli. Nous quittons la vallée de la Meuse pour celle de la Marne et pouvons observer quelques renards et cigognes. L’étape est à Ligny en Barrois avec un joli camping hélas sonorisé par l’autoroute toute proche. Pour nous pas de soucis, après un bon repas et une bière la nuit sera réparatrice. 86 km total 644 km

Avec mon alter ego Harvy

Plein sud avec un peu de vent dans le dos

La pause



Arrivée à Ligny en Barrois








dimanche 4 juin 2023

Verdun “On ne passe pas”

Verdun capitale de la paix mais surtout le souvenir d’une horrible guerre qui décima pas loin de 25% des hommes du pays sans parler des autres traumatismes. Nous visitons la citadelle qui présente une très impressionnante scénographie qui évoque plus qu’elle ne raconte et avec des silences qui en disent plus que de longues paroles.

Il faut venir ici avec nos enfants et petits enfants mais attention ce n’est pas le monde de Disney !

Repos et lessive… la vie des cyclovoyageurs

L’entrée de la citadelle

Le guerrier en position couchée 

La guerrière 

La lavandière











En route pour Verdun

Les vélocistes sont toujours sympa avec les cyclovoyageurs et mon câble est rapidement changé. 

Nous n’avons pas trop le choix de la route et nous empruntons la voie de la liberté ou la départementale 603. Heureusement nous sommes samedi et il n’y a pas de camions… on se demande où vont tous ces gens ? Bref la circulation est importante surtout aux abords des villes. 

Nous commençons à voir des rappels des guerres, des cimetières, des monuments, des panneaux commémoratifs… nous arrivons à Verdun.







samedi 3 juin 2023

Hackenberg

Nous quittons le camping pour aller visiter le site du Hackenberg. Il s’agit du plus gros fort de la ligne Maginot. C’est à environ 43 km avec une partie en piste cyclable le long de la Moselle puis la route. C’est en passant le village de Vollstroff que je casse mon câble de dérailleur arrière. Évidemment j’ai tout ce qu’il faut pour réparer sauf que c’est dans les sacoches laissées au camping. Après quelques @&€#%*😤 je bloque le dérailleur en position médiane et j’aurai ainsi trois vitesses avec les plateaux selon le profil.

Le site du Hackenberg est géré par une association de bénévoles passionnés. Et la visite est passionnante : philosophie de l’ouvrage (pourquoi il a été construit) stratégie militaire, conditions de construction, conditions de vie des soldats, tout y passe. Nous prenons un petit train d’époque, un monte charge réservé aux munitions et aux officiers. La centrale électrique marche toujours mais ils ne la font démarrer que le dimanche car la présence du bénévole mécanicien est nécessaire. Une tourelle télescopique est manœuvrée… Bref la visite menée par un ancien militaire passionné et passionnant dure plus de 3 heures : on n’a pas vu le temps passer !

En conclusion on admire l’intelligence et l’inventivité de l’homme quand il s’agit de détruire son prochain.

Mais il faut rentrer avec le vélo en panne, heureusement le vent est favorable et nous arrivons pour aller dîner dans un petit restaurant Kurde à deux pas du camping. Le patron vient nous tenir compagnie et nous discutons avec plaisir philosophie et culture avec cet iranien kurde érudit. Un belle journée.

Le dérailleur bidouillé 


On y arrive

L’entrée 

Une galerie et le petit train d’époque

Les génératrices qui marchent encore après plus de 90 ans

Reconstitution d’un poste de transmissions

Une tourelle télescopique 

La cuisine reconstituée

Le musée 


Philosophie kurde 



















jeudi 1 juin 2023

Tourisme culturel à Metz

La visite de Metz commence par l’OT où l’on réserve le petit train ainsi qu’une conférence dans l’après midi. En attendant nous allons visiter le musée historique de Metz qui est énorme, gratuit et plein de belles pièces. Le petit train nous fait découvrir une très belle ville qui a notamment profité de son annexion par l’Allemagne entre 1870 et 1918. En effet pour faire accepter la domination allemande, de gros efforts ont été faits pour embellir la ville : belles avenues, beaux édifices, une gare classée au patrimoine de l’Unesco… et puis il y a une magnifique cathédrale : Il faut venir à Metz, nous y reviendrons !

Par contre nous sommes très impressionnés par le nombre de restaurants étrangers. La gastronomie du monde s’étale le long des rues et nous nous réfugions au marché couvert pour déguster une assiette lorraine !

La conférence de l’après midi nous mène dans la plus vieille église de Metz, St Maximin, qui est décorée de vitraux dessinés par Jean Cocteau. La guide nous fait voir des choses qu’on n’imaginait pas ! Nous finissons par la visite de la porte des allemands, derniers vestiges des remparts de la ville.  Que des kilomètres à pieds !

Vue sue la ville

Le temple neuf (pour les protestants)

La Cathédrale St ETIENNE

La très haute voute de la cathédrale 

L’assiette lorraine


Des vitraux de Jean Cocteau

La porte des allemands


Vue de l’intérieur













Sur la voie de Charles le Temeraire

Quitter le deuxième étage de l’hôtel en travaux avec tous nos sacs sans ascenseur aurait pu être une galère mais à peine le combiné reposé deux dames de service s’emparent de nos sacoches et les descendent.

Nous retrouvons rapidement les rives de la Meurthe pour rejoindre la Moselle et suivre la voie cyclable « Charles le Téméraire ». Nous espérons ne pas finir aussi mal que lui car il a été retrouvé mangé par les loups à la suite de son échec du siège de Nancy.

C’est boisé, sauvage, fréquenté par de nombreux cyclistes, surtout assistés. Nous passons par Pont à Mousson connu nationalement par toute personne ayant regardé une plaque d’égout. En effet sa fonderie fonctionne depuis 1856. 

Les restes d’un impressionnant pont-aqueduc construit au début de II éme siècle qui faisait 1,125 km sont encore visibles à Jouy aux arches, il permettait d’enjamber la Moselle. L’aqueduc amenait l’eau à Metz sur un distance totale de 22 km. Ce type d’ouvrage nous laisse toujours songeur : qui a décidé ? qui a financé ? quelle technique sans laser ni gps ?

Le camping municipal de Metz est au top et nous profitons de notre arrivée précoce, du soleil et du vent pour faire la lessive. Même pour des cyclistes il faut faire tourner la machine de temps en temps. 71 km total 376 km

On quitte l’hôtel

La faune : cormorans, cygnes, canards, grenouilles…

Péniche sur la Moselle

Pont à Mousson 

La fonderie de Pont à mousson 


Une des célèbres plaques d’Egout


La chenille du papillon Yponomeuta tisse de gigantesques toiles de couleur blanche qui recouvrent tout ou partie de l’arbre, du tronc à sa cime

Ce n’est pas Noel !

Arbre de la sorcière ?

Pause déjeuner 

Jour de lessive